Mars attaque : le mois où mes jolies idées se font gentiment démonter par du code

 


J'ai découvert que gérer un projet, c’est comme élever un chat qui vomit sur ton plan de vie tous les matins.

Salut les courageux·ses qui osent encore ouvrir un article qui commence par « je devrais être en train de coder »,

Nous sommes le 11 mars. Selon mon planning initial (élaboré dans un parfait optimisme flirtant l'insolence), je devrais être en train de coder mon système d’authentification avec la même aisance qu’un cyberhacker. La réalité est plus… terre à terre. Le gouffre entre « ce que j’avais prévu » et « ce qui se passe vraiment » a maintenant sa propre adresse postale et reçoit du courrier.

Janvier & Février : la phase « je suis une déesse de l’organisation »

Vous connaissez ce sentiment de warrior qui vous prend au petit-déjeuner ? Cette certitude que, cette fois, l'organisation sera votre seconde nature ? J'ai passé deux mois dans cette bulle utopique.

J’ai noirci des carnets de questions métaphysiques. « Est-ce que cette feature va vraiment aider les auteurs ou est-ce juste mon ego qui veut mettre des paillettes partout ? »

=> Réalité : 87 % paillettes/ego, 13 % utilité réelle. Chiffres scientifiquement prouvés par mon intuition.

J’ai dessiné des wireframes sur papier. Tellement beaux. Tellement fléchés. Tellement cerclés de « IMPORTANT » écrit en rouge.

Aujourd’hui, je regarde ces dessins comme on regarde les photos de soi ado avec la coupe au bol : attendrissement + honte + « mais qu’est-ce qui m’a pris ? »

Et puis ... montée d’adrénaline « je peux faire mieux ! » suivie immédiatement d’une descente en piqué « à quoi bon, je vais plutôt ouvrir un refuge pour lamas dépressifs ».

Le MVP : Apprendre à s'auto-mutiler mais avec bienveillance

En semaine 3, je me suis assise face à mon cerveau surexcité et je lui ai dit, très calmement :

« Toi et moi, on va se limiter à DEUX trucs. Un pour les auteurs. Un pour les lecteurs. FIN. ».

Mon Cerveau (l'enfant pourri gâté) : "Mais et si on ajoutait un module de réalité augmentée par IA qui..."

C’est frustrant. C’est presque impoli. Parce que chaque « oui » à une feature en plus, c’est un petit « au revoir » à mes nuits complètes et à mon système nerveux.

Et franchement, mon système nerveux a déjà assez morflé comme ça, merci.

Février : le gros check-up intérieur

Semaine 7. Question interdite niveau boss final : « Est-ce que ce projet me nourrit encore ou est-ce que je m’auto-flagelle pour du projet fantôme ? »

Peur de la réponse. Peur du ridicule si j’abandonnais après avoir tant caqueté sur les réseaux.

Réponse : oui.

Donc… je continue.

Mars : bienvenue dans le monde réel celui avec les 404 et les larmes

Objectif du mois : le « Socle de Souveraineté ».

(Oui j’ai appelé mon système d’authentification comme ça. Parce que si je dois passer six semaines à faire en sorte que les gens puissent se connecter sans que tout explose, autant que ça ait l’air d’une quête épique.)

Le programme est délicieux et gourmand, mais complexe :

  • Un Backend qui, je l'espère, acceptera de coopérer sans demander l'asile politique.
  • Une Base de données qui se souvient que Gontrude est Gontrude et pas Eustache.
  • Des clés JWT (des petits jetons magiques qui prouvent que vous êtes bien vous, et pas votre chat qui marche sur le clavier).

Actuellement je suis dans la phase « je lis la doc et j’ai l’impression que c’est écrit en klingon (réf Star Trek) par un mec qui déteste les humains ».

Je connais React et Next.js à peu près. Mais ma relation avec Python ressemble à un premier rendez-vous galant qui se passe mal : on se regarde avec méfiance, on ne parle pas la même langue, et on attend de voir qui va craquer en premier et payer l'addition.

Les Leçons de Vie que je n'avais pas demandées

  • Un projet, c’est pas une belle ligne droite. C’est un dessin d’enfant de 4 ans sous caféine.
  • Le code s’en fout royalement de tes rêves. Il fait exactement ce que tu lui dis. Pas ce que tu voulais dire. Nuance sadique.
  • La victoire du jour, parfois, c’est juste comprendre POURQUOI ça marche pas. Pas de l’avoir réparé. Juste pigé. Et c’est déjà un Oscar.
  • Derrière Immerswrite, y a pas un génie qui tape du code. Y a moi. Qui doute. Qui google « python jwt pourquoi tu me hais ». Qui célèbre quand un bouton apparaît enfin. Qui se demande parfois pourquoi je m’inflige ça au lieu de tricoter des pulls pour mes lamas.

Ma roadmap émotionnelle de mars (la seule qui tienne vraiment debout)

Oubliez les diagrammes de Gantt, voici la réalité :

  • Semaine 1 : « Je vais tout péter, c’est parti ! » (phase dopamine)
  • Semaine 2 : Premier bug qui défie les lois de la physique. Négociation avec les dieux du dev.
  • Semaine 3 : Acceptation aigre-douce que non, ça sera pas fini cette semaine. Ni probablement la prochaine. Café + pleurs discrets.
  • Semaine 4 : Quelque chose marche. Danse ridicule dans le salon.
  • Fin mars : bilan sans drame. Ce qui est fait est fait. Le reste attendra avril. Avec indulgence.

La vraie raison pour laquelle je vous raconte mes galères

Parce que sur les réseaux, on voit des « roadmap » nickel, des « j’ai lancé en 3 jours », des « 100 k users en dormant ».

C’est du storytelling très maquillé.

Derrière Immerswrite, il n'y a pas une multinationale, mais une humaine qui apprend Python en retenant ses larmes, qui rêve d'histoires immersives et qui se demande parfois si la vie n'était pas plus simple avec des crayons de couleur.

Parce qu’en mars 2026, je ne code pas juste un socle d’authentification.

Je construis (très lentement, avec beaucoup de jurons) la version de moi qui va au bout.

Même si le « bout » a l’air de faire du moonwalk en arrière dès que j’approche.

On se retrouve fin mars pour le bilan ? Je fournis les excuses techniques, vous fournissez l'indulgence et votre patience légendaire.

 

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