« faire se connecter quelqu’un » est une odyssée en trois actes et beaucoup de café
Rétrospective Sprint 1 · Mars 2026 · Par Laure Lavie
Avant toute chose, une confession.
Quand j’ai écrit sur ma roadmap « Authentification — Sprint 1 — 3 semaines », j’ai pris un air très professionnel, genre « je maîtrise parfaitement le sujet ».
Je ne maîtrisais rien du tout.
Ce que je croyais faire
Créer un compte, se connecter, se déconnecter.
Trois verbes, quatre lignes de code grand maximum.
Une formalité.
(Petites parenthèse pour les innocents : en développement, la réalité a un humour très pervers. Elle adore transformer les « formalités » en épopées épiques.)
=> Ce que j’ai réellement fait
J’ai construit ce que j’appelle, avec une fierté un peu abîmée, Le Socle de la Souveraineté.
C’est le système qui permet à chaque personne d’exister sur Immers’Write. D’avoir une identité, une clé, un rôle : auteur ou lecteur. Deux portes, un gardien numérique.
Et entre ce gardien et moi, ça a été des jours de pourparlers tendus, parfois larmoyants, souvent ponctués de jurons à voix basse.
=> Les choses que je n’avais pas vues venir
L’infrastructure : avant même d’écrire une seule ligne utile, j’ai dû apprivoiser Docker, Nginx, un VPS, des certificats SSL, des variables d’environnement et une quantité intrigante de fichiers de configuration perdus dans des dossiers qui ressemblent à des labyrinthes. C’est comme vouloir faire un moelleux au citron et réaliser qu’il faut d’abord construire la cuisine et brancher l’électricité.
Le CORS : si vous ne savez pas ce que c’est, restez dans cette bienheureuse naiveté. Si vous savez, je vous serre vraiment dans mes bras et vous offre un café bien mérité.
Moi-même : j’ai eu une fâcheuse tendance à vouloir ajouter des choses « juste parce que ce serait bien ». Confirmation par email, réinitialisation de mot de passe, rôles bien définis selon leurs fonctions… J’ai résisté. Presque. Les deux premières ont fini par entrer dans la danse, parce qu’elles étaient vraiment utiles. Pour le reste, j’ai tenu bon. Et cette discipline m’a surprise moi-même.
=> Ce qui marche vraiment
Au bout de trois semaines :
On peut créer un compte avec son email, choisir son rôle (lecteur ou auteur) et recevoir un mail de confirmation.
On peut se connecter en toute sécurité (le mot de passe est transformé en une bouillie illisible, même pour moi).
On reçoit un petit badge numérique temporaire qui ouvre les bonnes portes.
Quand on se déconnecte, le badge expire proprement. Personne ne peut se faire passer pour quelqu’un d’autre.
Selon le rôle choisi, on arrive directement au bon endroit : l’atelier pour les auteurs, la bibliothèque pour les lecteurs.
=> Onze tâches prévues. Onze tâches livrées. Date tenue.
Et oui, j’ai savouré ma victoire en allant passer mon humeur dans mes heures de conduite Moto (et oui en parallèle je passe mon permis Moto)… quand tout a fonctionné d’un bout à l’autre pour la première fois. Sans honte aucune.
=> Ce que j’ai appris et que je n’attendais pas
→ Coder seule dans son coin, c’est douillet. On peut se planter, râler, recommencer, personne ne regarde.
→ Publier chaque étape en public, c’est beaucoup moins confortable. Mais ça oblige à penser clairement, à nommer les choses, à assumer.
→ Nouvelle règle de vie : un article imparfait publié vaut mieux qu’un article parfait qui reste dans les brouillons. Je ne l’applique pas toujours avec grâce, mais je l’applique.
→ Et la documentation ? C’est s’aimer et se respecter soi-même. Noter ses choix au fur et à mesure, c’est s’écrire une petite lettre d’amour pour dans trois mois, quand on ne se souviendra plus pourquoi on a fait les choses comme ça.
=> Ce que je garde, ce que je change
Je garde : la rigueur sur le périmètre. Pas de fonctionnalités hors sujet sans vraie réflexion. C’est dur, c’est précieux. J’en pleure d’avance de ne pas pouvoir essayer des fonctionnalités sur mon site…
Je garde : la transparence. Cette aventure n’est pas une vitrine polie, c’est une histoire en train de se faire, avec ses bosses et ses cris aux désespoirs.
Je change : j’écrirai les critères de succès avant de commencer une tâche, pas après. (Oui, j’ai parfois fait l’inverse. Non, ce n’est pas recommandé.)
Je change : je testerai chaque morceau dès qu’il est fini, au lieu d’attendre la fin pour tout assembler et découvrir, étonnée malgré moi, que rien ne marche plus.
=> Le bilan émotionnel sans chichi
Ce sprint a été une belle montagne russe.
Il y a eu des journées où je fixais l’écran avec l’enthousiasme d’une laitue oubliée au fond du frigo. La pauvre.
Il y a eu des bugs qui m’ont fait douter de mon intelligence, de ma santé mentale et de l’existence de l’univers.
Et puis il y a eu ce moment magique où tout s’est emboîté : inscription, confirmation, connexion, redirection, déconnexion. Une chaîne complète. Une porte qui s’ouvre, une porte qui se referme proprement.
Immers’Write a désormais un squelette solide… et l’ébauche d’une âme.
Ce n’est pas rien.
=> La suite
En avril, on passe à l’Atelier de l’Artiste.
Objectif : permettre aux auteurs de créer un chapitre, d’écrire dedans, et d’y associer une image générée par intelligence artificielle.
Si tout va bien (et si la réalité daigne coopérer), le 26 avril, la première image IA devrait apparaître dans l’interface.
Je vous raconterai tout.
Même les bugs. Surtout les bugs.
Laure Lavie — Créatrice de technologies pour les raconteurs d’histoires
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